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Benjamin Levine - Les mains dans le cambouis de la livraison du dernier kilomètre

Co-fondateur de Tousfacteurs

Ça fait plus de 5 ans que Benjamin travaille et réfléchit sur les problématiques de la livraison du dernier kilomètre. Recrutement de livreurs, optimisation de vélos, répartitions de tournées, mais aussi développement de logiciels et construction de plateformes marketing post-purchase sont son quotidien. Son crédo ? Une livraison urbaine, à vélo, en soirée, et organisée en tournées plutôt qu’en courses, avec des entrepôts intermédiaires. 


C’est après plusieurs aventures entrepreneuriales en e-commerce que cet avocat de formation est tombé dans la marmite de la logistique : quel que soit le produit vendu, au final, le sujet qui revenait toujours, c’était les problèmes de livraison. Il lance Tousfacteurs en 2015 avec son acolyte de longue date Youssef Tagemouati. Au même moment, la société Uber décolle, et avec elle l’idée que pratiquement tout est plateformisable. Si le transport des personnes a été transformé avec succès, pourquoi ne pas essayer de reproduire ça avec le transport des marchandises ? 


"Si à l’époque on avait su comment ça fonctionnait, on n’y serait pas allés” déclare Benjamin, sourire en coin. Ironiquement réaliste et dans une logique d’apprentissage empirique, il évoque tout le temps passé au départ à se former sur le métier, les tournées de livraisons faites avec son propre vélo, les longues négociations avec les acteurs historiques de la livraison et son progressif positionnement sur la livraison en soirée.


Aux détours de ce chemin, des rencontres clés ont façonné sa façon de penser le sujet. Ceux qui l’ont le plus marqué sont des meneurs d’hommes, grands pontes de DHL ou GLS, qui ont réussi à maintenir l’humain au cœur de leurs décisions et de leurs organisations titanesques. “Les sujets d’embarquement et d’alignement des troupes sont colossaux dans le monde du transport. A la fin, il s’agit toujours d’une personne seule dans un camion avec des colis à livrer et 95% des destinataires qui ne sont pas là.” Ils lui ont aussi appris qu’il n’y a rien de tel que d’être en permanence sur le terrain, pour comprendre l’évolution du métier et les attentes des consommateurs : il ne se passe pas trois jours sans qu’il se rende dans ses entrepôts parisiens, lyonnais ou toulousains.


Aujourd’hui, les choses s’accélèrent. La pandémie a massifié la consommation en ligne, et avec elle l’évolution vers une logistique verte et digitalisée. Côté acteurs majeurs de la livraison B2C, les mentalités ont évolué. “La livraison verte n’est plus un nice to have, et les transporteurs se fixent eux-même des objectifs en la matière,” souligne Benjamin. “Ils ont aussi changé de posture vis-à-vis des start ups” note-t-il : “ils ont compris qu’ils pouvaient aller plus vite dans leurs transformations écologique et numérique en s’appuyant sur nous.”


“Le regard des e-commerçants sur le potentiel de la logistique est aussi en train de changer” répond-il quand on l’interroge sur les années à venir. Si la supply chain a longtemps été un poste de coûts majeurs et une source de casse-têtes irrésolus, elle est en train d’évoluer pour devenir un levier incontournable de la rétention client. Pour les pure players e-commerce, la livraison est le premier - et souvent le seul ! - contact physique entre une marque et son consommateur, et les activations possibles sont encore largement sous-exploitées. “La livraison n’est pas une fin en soi, mais elle doit devenir un vecteur clé de service et d’expérience,” conclut-il. On en aurait presque hâte d’attendre notre prochaine livraison.

 

5 fun facts

Son film préféré : Star Wars

Son livre préféré : "Glamorama" de Bret Easton Ellis
Sa citation préférée : You pay peanuts, you get monkeys 
L’époque de l’histoire où il aurait aimé vivre : Le futur !
Un endroit pour déconnecter : Le Pays Basque

 

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